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La semaine sainte

La semaine sainte dans l’Église catholique de rite latin (c’est-à-dire selon le Missel romain) : courte présentation.

La semaine sainte est en fait la dernière semaine du carême, temps de préparation à Pâques. Nombre des rites célébrés en cette semaine semblent trouver leur origine dans ceux qui étaient célébrés à Jérusalem dans les premiers siècles, où l’on souhaitait revivre sur les lieux mêmes les étapes de la passion du Christ.

Elle commence par le dimanche des Rameaux et de la Passion, le dimanche qui précède le dimanche de Pâques (« En ce jour, le Christ Seigneur entre à Jérusalem pour accomplir son Mystère pascal[1] »). L’évangile de l’entrée du Christ à Jérusalem est lu, devant une assemblée porteuse de rameaux, et qui entre dans l’église en procession après la lecture (« Et maintenant, avançons comme les foules de Jérusalem heureuses d’acclamer le Messie »). L’évangile du jour est celui de la passion selon celui des synoptiques lu au cours de l’année.

Le lundi, le mardi et le mercredi de la semaine sainte ne comportent pas de liturgie particulière (sinon les oraisons et les lectures de la messe du jour).

messe chrismale Le jeudi de la semaine sainte est célébrée, le matin, la messe chrismale (qui peut être, et est souvent, anticipée au soir d’un des trois jours précédents). Messe concélébrée par l’évêque avec les prêtres de son diocèse, et la participation des diacres ; l’évêque y consacre le saint-chrême et bénit l’huile des malades et l’huile des catéchumènes : les « saintes huiles » qui serviront à la célébration des sacrements (baptême, confirmation, ordination, onction des malades, rites catéchuménaux…) tout au long de l’année liturgique. C’est également au cours de cette messe qu’a lieu la « rénovation des promesses sacerdotales » des prêtres présents.

On appelle « triduum pascal » les trois jours du jeudi, du vendredi et du samedi saint.

Le jeudi saint au soir est célébrée la messe en mémoire de la cène du Seigneur. Les lectures précédant l’évangile sont un long passage d’Ex 12 et 1 Co 11,23-26 ; on notera le « c’est-à-dire aujourd’hui » du récit de l’institution de l’eucharistie dans la prière eucharistique (« Au moment d’être livré, et d’entrer librement dans sa passion, c’est-à-dire aujourd’hui, il prit le pain… »). On procède aussi au rite du lavement des pieds (l’évangile du jour est Jn 13,1-15). À la fin de la messe, les hosties consacrées qui n’ont pas été consommées, et qui serviront pour l’office du lendemain, sont solennellement portées en procession au lieu où est gardée la réserve eucharistique ; « les fidèles sont invités à poursuivre l’adoration devant le Saint-Sacrement pendant une partie convenable de la nuit ».

Le vendredi saint, normalement vers quinze heures, mais en fait en soirée pour que les fidèles puissent y participer[2], est célébré l’office de la passion du Seigneur. Il ne d’agit pas d’une messe, mais d’une célébration comportant trois parties :

-          La liturgie de la Parole : les lectures, Is 52,13-53,12, des passages d’Hb 4 et 5, et la passion selon saint Jean, sont suivies d’une longue prière universelle pour l’Église, l’unité des chrétiens, les Juifs, ceux qui ne croient pas en Jésus-Christ, ceux qui ne croient pas en Dieu, les pouvoirs publics, tous les hommes dans l’épreuve.

-          La vénération de la Croix (« Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde. Venez, adorons ! »). croix-christ-10

-          La communion aux espèces consacrées la veille (donc communion au Corps du Christ seulement).

Le samedi saint est un jour « aliturgique » (sinon la liturgie des heures), sans célébration de la messe, jour de méditation et de prière de l’Église « auprès du tombeau de son Seigneur ».

Le temps pascal commence avec le dimanche de la résurrection du Seigneur.

Dans la « nuit sainte » est célébrée la veillée pascale (elle a lieu en fait le samedi en soirée : « la messe de la veillée, même si elle est célébrée avant minuit, est la messe du dimanche de Pâques »).

Elle comporte quatre parties :

-          L’office de la lumière et l’annonce de la Pâque : le cierge pascal est allumé, hors de l’église, au feu nouveau ; l’assemblée entre en procession à la suite du cierge, chacun portant un cierge allumé ; l’annonce de la Pâque (chant de l’« Exsultet ») a lieu dans l’église à la seule lumière des cierges.

-          La liturgie de la Parole : au moins trois lectures de l’Ancien Testament (sur les sept proposées) dont Ex 14,15-15,1a, Rm 6,3-11, et l’évangile de la Résurrection dans celui des synoptiques qui est lu au cours de l’année. L’« alléluia » qui est chanté avec le psaume avant l’évangile prend d’autant plus de relief qu’on s’est abstenu de le chanter tout au long du carême.

-          La liturgie baptismale, dont une forme est proposée même en l’absence de baptêmes ; la rénovation de la Profession de foi baptismale a toujours lieu.

-          La liturgie eucharistique, qui n’a pas de caractéristiques propres (si ce n’est la bénédiction solennelle et le double « alléluia » de l’envoi).

Le dimanche, la liturgie est célébrée comme les autres dimanches.

La semaine qui suit le dimanche de Pâques, jusqu’au dimanche suivant, est la semaine dans l’octave de Pâques ; on célèbre la liturgie (messe et liturgie des heures) comme le dimanche de Pâques.

 

[1] « Rubrique » du missel, comme celles des citations suivantes qui ne sont pas empruntées à la liturgie elle-même (invitatoires).

[2] C’est en fait un chemin de croix qui est souvent célébré à quinze heures.

 

losanges

Semaine Sainte "protestante"

Si la Réforme luthérienne a globalement conservé l'année liturgique avec ses fêtes, la Réforme calvinienne les a au contraire totalement supprimées : plus de carême, plus de cultes particuliers. Après un siècle de non-existence du protestantisme en France, sous l'influence du piétisme allemand et suisse, le calendrier liturgique sera peu à peu remis en valeur. Ce n'est qu'à partir de 1938 avec la naissance de l'Église Réformée de France, qu'une liturgie des fêtes sera officiellement reprise.

Carême

Le protestantisme français n'en garde que l'esprit : une préparation à l'événement pascal, sans pratiques particulières. Aujourd'hui conférences, actions de solidarité, souvent œcuméniques, en sont les principales formes.

Semaine sainte

Il s'agit avant tout de faire mémoire de ce temps de la Passion. La lecture de textes bibliques est donc au centre de ces moments le jeudi et vendredi saints.

Rameaux

Lectures : Zacharie 9, Psaume 24, évangile de l'entrée royale de Jésus à Jérusalem (Mc 11 ou parallèles.). Souvent l'occasion de moments festifs avec les enfants.

Jeudi saint et vendredi saint

Des cultes avec Sainte Cène y sont généralement célébrés dans les traditions luthériennes et réformées, moins chez les évangéliques. Certaines Églises pratiquent le lavement des pieds ce soir-là. Ces cultes sont structurés par la lecture de récits de la passion, de prières et de chants.

Les habitudes dans les Églises protestantes et évangéliques varient selon les lieux. Chaque paroisse marque ce temps à son gré.

Quelques paroisses organisent un temps de prière chaque jour de la semaine.

Pâques

C'est la fête la plus importante de l'année liturgique : proclamation de la résurrection du Christ. Cependant, le culte avec Sainte Cène reste un culte ordinaire.

Selon une pratique ancienne venant des Églises luthériennes du Nord de l'Europe, une "Aube pascale" est parfois organisée localement.

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