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Semaine Sainte et Pâques dans l’Église orthodoxe

Le samedi de Lazare et le Dimanche des Rameaux (ou des Palmes) 

Entrée Christ Jérusalem Le Carême commençant un lundi s’achève le vendredi de la 6ème semaine : la période de 40 jours est alors close. Vient ensuite le temps de la Passion qui s’étend jusqu’au dimanche de Pâques ; le samedi, veille des Rameaux, appelé “samedi de Lazare“ occupe une place spéciale dans le calendrier liturgique : il est en dehors des 40 jours de pénitence du Carême ainsi que des jours douloureux de la semaine sainte. Il forme avec le dimanche des Rameaux (que les grecs appellent dimanche des Palmes) un prélude joyeux à ces jours douloureux. L’événement que commémore ce samedi est la résurrection de Lazare à Béthanie village qui est aussi le point de départ de l’entrée de Jésus à Jérusalem monté sur un ânon et acclamé par la foule (Jn 12, 13-14) que l’on commémore le dimanche. L’église est décorée de feuillages et des rameaux bénis sont distribués aux fidèles.

La Semaine-Sainte (ou Grande Semaine)

Les lundi, mardi et mercredi sont une préparation à la Passion avec un caractère accentué de deuil et de pénitence. Les jeudi, vendredi et samedi appartiennent aux solennités pascales, chacun de ces trois jours manifestant un aspect particulier du mystère de Pâques : la dernière Cène, la Crucifixion et le Tombeau du Christ.

Les trois premiers jours

Les vêpres du dimanche soir sont immédiatement suivies de l’office des matines du lundi saint appelé “office du Fiancé“ ; il en sera de même les deux jours suivants. D’une manière générale, tout au long de la semaine sainte les matines sont anticipées la veille au soir et les vêpres sont célébrées tôt dans la journée. Après les psaumes de matines et l’alleluia (contrairement à l’Église latine qui les supprime, l’Église orthodoxe multiplie les alleluia pendant le carême et la semaine sainte), on chante ce tropaire : “C’est minuit, le fiancé arrive, et heureux le serviteur qu’il trouve vigilant, mais indigne celui qu’il trouve indolent. Mon âme, sois attentive, ne te laisse pas appesantir par le sommeil, pour ne pas être livrée à la mort et devenir étrangère au Royaume, mais redresse-toi et appelle : Saint, Saint, Saint es-tu, Seigneur notre Dieu ; par les prières de la Mère de Dieu, aie pitié de nous“

On fait mémoire principalement :

-          le lundi, du patriarche Joseph car haï et vendu par ses frères puis emprisonné, Joseph est une figure du Christ souffrant ; on fait également mémoire du figuier maudit par le Christ, qui portait des feuilles mais aucun fruit.

-          le mardi, de la parabole évangélique des Dix Vierges qui vont à la rencontre du Seigneur.

-          le mercredi, de la femme qui versa  du parfum sur le Seigneur.

Dans beaucoup d’églises, le sacrement de l’onction est conféré le soir du mercredi saint aux fidèles qui le désirent.

En ces trois premiers  jours saints l’office des vêpres est une liturgie des Présanctifiés ; on désigne par là un office de vêpres auquel s’ajoute un service de communion à des saints dons consacrés lors de la Divine Liturgie du dimanche précédent. Au cours de ces offices et de ceux qui les précèdent on lit des passages de l’Ancien Testament (du Livre d’Ézéchiel qu’on lira toute la semaine, du Livre de l’Exode qui expose les souffrances du peuple juif captif en Égypte et dont la délivrance est le prototype de la Pâque chrétienne, du Livre de Job qui dans ses afflictions est une figure de Jésus-Christ) et du Nouveau Testament, notamment de l’Évangile de Saint Matthieu annonçant le retour du Christ de manière subite et inattendue.

Jeudi Saint

Le jeudi saint nous introduit dans le mystère pascal ; il en commémore la première partie, à savoir la Cène mystique, à laquelle s’ajoutent le Lavement des pieds, la trahison de Judas, la Prière suprême du Christ à Gethsémani et le reniement de Pierre.

Les matines sont chantées le mercredi soir. Il n’y a plus d’“office du Fiancé“, son tropaire est remplacé par celui de “l’impie Judas pressé par la fièvre de l’argent“.  

Le jeudi matin, les vêpres sont chantées avant la Divine Liturgie (de saint Basile). On lit à la Liturgie le passage où saint Paul expose l’institution de l’Eucharistie : “Le Seigneur Jésus, la nuit où il fut livré, prit du pain…“ (1 Co 11, 23). L’Évangile composé à partir des textes de Matthieu, Jean et Luc rassemble les événements commémorés en ce jour jusqu’au reniement de Pierre. Les fidèles s’approchent en grand nombre pour communier. Le chœur chante ce tropaire : “À l’immortelle et sainte table que le Maître a préparée dans la chambre haute, venez, fidèles, prenons part en élevant nos cœurs ; car le Verbe est présent là-haut : nous l’avons appris du Verbe lui-même, dont nous chantons la gloire“.

À la fin de la Divine Liturgie, dans les églises cathédrales ou les monastères, si c’est l’usage, l’évêque ou l’higoumène célèbre l’office du lavement des pieds. Pendant la lecture de l’évangile de Jean (13, 1-11), l’évêque (ou l’higoumène) accomplit les gestes décrits, lavant les pieds de 12 personnes.

Vendredi saint

Ce jour-là nous suivons Jésus jusqu’au Golgotha à la manière de sa mère, de Jean et des saintes femmes qui ne l’abandonnèrent pas.

La journée liturgique commence le jeudi soir par l’office des “douze évangiles“ qu’on appelle aussi l’office des “Saintes Souffrances“ qui constitue les matines du vendredi saint. On lit une série de textes évangéliques constituée de douze parties de façon à former un récit de la Passion qui n’omette presque aucun détail. Entre chaque lecture, le chœur chante des textes méditatifs de grande beauté.

Au cours de la journée du vendredi, les heures canoniales (prime, tierce, etc…) égrènent les textes bibliques favorisant la prière et la méditation à propos des évènements et des souffrances de Jésus, notamment le célèbre “serviteur souffrant“ d’Isaïe (Is 52, 13 – 54, 1).

Le vendredi saint aucune liturgie eucharistique n’est célébrée et aucun service de communion n’a lieu.

epitaphion Les vêpres, célébrées dans l’après-midi constituent l’office de “l’ensevelissement“. À la fin de l’office une procession parcourt l’église : on transfert l’épitaphios (une pièce de tissu sur la quelle est représentée, peinte ou brodée la mise au tombeau du Christ) depuis l’autel jusqu’au tombeau préparé au milieu de l’église ; le chœur chante très solennellement sur une mélodie ornée et particulière le tropaire du noble Joseph : “Le noble Joseph descendit du bois ton corps très pur,  l’enveloppa d’un linceul immaculé et couvert d’aromates, il le déposa dans un sépulcre neuf“. Le prêtre encense l’épithaphios, l’asperge d’eau parfumé, y dépose l’évangéliaire et y répand des fleurs. Les fidèles s’approchent pour vénérer le tombeau du Christ en se prosternant. Le chœur chante : “venez et bénissons le souvenir de Joseph d’Arimathie…“

Samedi saint

Le samedi saint on fait mémoire de la sépulture et du séjour aux enfers de Notre Seigneur qui fait passer le genre humain de la mort à la vie. Les matines sont généralement célébrées le vendredi soir et pour la première fois on ne chante plus l’alleluia de carême.

Face au tombeau recouvert de l’épithaphios on chante les très émouvantes plaintes sur le tombeau, en les liant aux versets du psaume 118 divisé en 3 parties. Plusieurs autres chants et lectures suivent, une procession a lieu autour de l’église avec l’épithaphios et on fait lecture de la prophétie d’Ézéchiel sur les ossements desséchés que l’Esprit vient revêtir de chair et animer (Ez 37, 1-14).

À la fin des matines du samedi saint les fidèles viennent à nouveau vénérer le tombeau comme à la fin des vêpres.

Le samedi matin les vêpres suivies immédiatement de la Divine Liturgie de Saint Basile anticipent sur le dimanche de Pâques et apportent le premier message de la Résurrection. L’épître (Ro 6, 4) affirme la Résurrection du Christ, mais c’est l’Évangile (Mt 28, 1-20) qui fournit le premier récit de la Résurrection que l’Eglise fasse entendre en ce temps de Pâques.

Toutefois la bénédiction finale ne mentionne pas encore la Résurrection. Le samedi saint annonce Pâques mais encore comme quelque chose d’intime. Ce n’est que dans la nuit suivante que l’Église va, avec toute la force de sa voix, proclamer que le Christ est ressuscité des morts.

Le dimanche de Pâques

La Résurrection du Christ est solennellement proclamée pendant les matines du dimanche de Pâques qui ont lieu vers le milieu de la nuit. Au début de l’office l’église est plongée dans l’obscurité, le célébrant apparaît un cierge allumé à la main et le chœur invite les fidèles à s’en approcher pour allumer leur propre cierge : “venez prendre la lumière à la lumière sans déclin et glorifiez le Christ ressuscité des morts“. Une procession se forme et s’arrête dehors à la porte de l’église ; après la proclamation de l’évangile de la Résurrection selon saint Marc (16, 1-8) le célébrant entonne le tropaire pascal : “Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort ! à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie“. Ce tropaire est repris avec force et de nombreuses fois par les fidèles qui regagnent l’église toute illuminée.

On chante alors avec dynamisme et allégresse le canon de Pâques attribué à saint Jean Damascène dont voici quelques versets :

-          C’est le jour de la Résurrection, peuples, rayonnons de joie. C’est la Pâque, la Pâque du Seigneur. De la mort à la vie, de la terre au ciel, Christ Dieu nous a menés, chantant l’hymne de la victoire.

-          Venez, buvons le breuvage nouveau, non pas à la source qu’un miracle fit jaillir du rocher, mais au Christ la source incorruptible qui s’élance du tombeau, notre force et notre joie.

-          Resplendis, resplendis, nouvelle Jérusalem car sur toi la gloire du Seigneur s’est levée ; réjouis-toi et exulte Sion, et toi, Mère de Dieu très pure, réjouis-toi car ton Fils est ressuscité.

-          C’est le jour de la Résurrection, rayonnons de joie en cette solennité. Embrassons-nous les uns les autres ; disons : frères, même à ceux qui nous haïssent ; pardonnons tout à cause de la Résurrection.

Les fidèles s’embrassent les uns les autres en disant “Le Christ est ressuscité !“ à quoi on répond : “En vérité, il est ressuscité !“ Cette manière de se saluer va demeurer pendant tout le temps pascal, jusqu’à l’Ascension.

Pour faire cesser le brouhaha général qui règne à ce moment dans l’église, un lecteur donne à entendre la très belle homélie de saint Jean Chrysostome pour la fête de Pâques, dont voici quelques extraits :

“…Celui qui a travaillé dès la première heure recevra aujourd’hui le juste salaire ; celui qui arriva seulement après la sixième heure peut s’approcher sans effroi : il ne sera pas lésé ; si quelqu’un a tardé jusqu’à la neuvième heure, il pourra venir sans aucune hésitation, l’ouvrier de la onzième heure ne souffrira pas de son retard. Car le Seigneur est généreux : il reçoit le dernier comme le premier… Tous entrez dans la joie de votre Maître… Abstinents ou oisifs, fêtez ce jour ; que vous ayez jeûné ou non, réjouissez-vous aujourd‘hui. Le festin est prêt, venez donc tous. Le veau gras est servi, tous seront rassasiés. Mangez avec délices au banquet de la foi et venez puiser aux richesses de la bonté. Que nul ne pleure… Que nul ne déplore ses péchés : le pardon s’est levé du tombeau“.

La liturgie de Saint Jean Chrysostome, célébrée avec dynamisme et légèreté, suit immédiatement. L’épître qui consiste dans les premiers versets des Actes des Apôtres (1, 1-8) mentionne la Résurrection. Au lieu d’un évangile de la Résurrection, auquel on aurait pu s’attendre, nous entendons le Prologue de l’Évangile de Jean (1, 1-17)

Dans l’après-midi du dimanche de Pâques des vêpres très courtes sont célébrées. On y lit en plusieurs langues, si possible, l’évangile qui relate l’apparition de Jésus aux disciples le soir de Pâques dans la chambre haute dont les portes étaient fermées (Jn 20, 19-25). 

 

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